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6 conseils pour intégrer l’émotion dans votre histoire

Avez-vous déjà fini de lire un livre et vous êtes parti sans rien ressentir ? Pas d’attachement aux personnages, pas de joie dans leur succès ou de tristesse dans leurs échecs. En tant qu’écrivain, c’est l’une de mes plus grandes craintes. Et si quelqu’un lisait mon livre et ne ressentait aucune émotion à son égard ? Ça serait, pour moi, un énorme échec. Alors comment éviter cet écueil ? Comment intégrer des émotions dans notre histoire ? Une question difficile, car « émotion » est un mot assez glissant, difficile à définir et encore plus à enseigner aux gens. Mais je pense que c’est une question qui mérite d’être explorée, voici donc 6 conseils pour intégrer l’émotion dans votre histoire.

Demandez-vous pourquoi votre lecteur devrait s’en soucier.

Avant de commencer à écrire une histoire émotionnellement engageante, vous devez savoir pourquoi il est important que vos lecteurs soient engagés. Bien que la réponse « Parce que s’ils ne sont pas engagés, ils n’aimeront pas mon livre et je ne vendrai jamais mes histoires » soit une réponse très profonde et noble, vous devrez creuser un peu plus. Pourquoi devraient-ils s’en soucier ? Que vont-ils en retirer ?

Nous n’avons pas éprouvé de sympathie pour Faramir (ndlr : Le Seigneur des Anneaux) parce qu’il était dans une position injuste. Nous avons été touchés par son histoire parce que nous avons été témoins du fait que quelqu’un peut rester gentil et courageux dans les mauvaises situations.

On encourage Black Widow (ndlr : La Veuve Noire, Marvel), non pas parce que son passé était difficile, mais parce que nous aimons voir que les gens peuvent corriger et dépasser leurs erreurs. Donnez à votre histoire quelques thèmes centraux auxquels tout le monde peut s’identifier. Si les gens ne peuvent pas s’y identifier ou en tirer des leçons, même de façon minime, ils s’en moqueront.

Soyez prêt à être vous-même émotionnel.

Si vous n’êtes pas engagé émotionnellement dans votre histoire, alors il n’y a aucune chance que vos lecteurs le soient. C’est une chose que les conteurs de toutes formes ont appris à reconnaître. Je pense que c’est le système de Stanislavski qui l’a le mieux expliqué au début des années 1900 : cet acteur et réalisateur a appris à ses élèves à atteindre le réalisme dans leurs films en apportant leurs propres expériences et émotions dans leurs rôles. On leur disait de se connecter à leur personnage et de le rendre « vivant » grâce à leurs propres pensées et émotions. La même technique exacte peut être utilisée pour l’écriture. Mettez-vous dans l’histoire et imaginez ce que vous ressentiriez en étant tel ou tel personnage. Ensuite, écrivez.

Trouvez une ancre.

Si vous essayez d’écrire des sentiments dans une scène, vous aurez besoin d’une émotion centrale. Toutes les actions seront issues de cette émotion centrale. S’il y a plus d’un personnage dans la pièce, alors vous aurez plus d’une « émotion centrale ». Choisissez un mot, un souvenir, une image ou une couleur qui vous fait ressentir cette émotion. Cela vous permettra de rester concentré dessus.

Montrer plutôt que raconter.

Pour intégrer l’émotion dans votre histoire, ne dites pas que votre personnage est en colère : Montrez sa main droite qui s’agite et le menton qui dépasse. Ne mentionnez pas la tranquillité de votre personnage assis sous cet arbre : montrez comment les feuilles se balancent dans la brise fraîche. Et ne parlez pas à vos lecteurs de la sensation que vous ressentez dans l’histoire, laissez-les la vivre par eux-mêmes.

Soyez concis.

Bien que vous vouliez montrer à vos lecteurs des émotions, ne leur en montrez pas trop. Si un détail ou une émotion n’est pas pertinent pour la scène ou n’est pas élémentaire pour que vous déplaciez votre lecteur d’une manière spécifique, alors arrêtez.

Le dialogue est essentiel.

Dans les moments de forte émotion, moins de dialogue est plus… parlant ! Il est peu probable que vos personnages s’asseyent en cercle et discutent de leurs sentiments. Veillez donc à ce que le dialogue, quel qu’il soit, ait de l’importance. Il n’est pas nécessaire qu’il soit intelligent ou même qu’il ait un sens : Les émotions n’en ont pas toujours. Il faut juste que nous ressentions quelque chose.

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N’oubliez pas que ces 6 conseils pour intégrer l’émotion dans votre histoire sont une sorte de guide : ce ne sont pas des règles strictes. L’écriture d’émotions est un travail difficile, mais n’est pas entièrement technique. Essayez de ne pas trop réfléchir. Plongez simplement dans votre histoire et soyez prêt à écrire de façon dure.

Ecrire des émotions dans votre histoire, trouvez-vous cela difficile, ou cela vous vient-il naturellement ? Quels sont, selon vous, les écrivains qui le font admirablement ? Comme toujours, j’aimerais entendre vos pensées !


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de Gérard Raynal

« L’écriture est la plus noble conquête de l’homme  », disait Elsa Triolet. Pour ce nouveau texte, Gérard Raynal a provisoirement quitté les chemins du roman. Plongé depuis plus de 15 ans dans le monde de l écrit, et désormais directeur de collection, il communique au lecteur son expérience en la matière. Ce document expose en toute simplicité les façons d éviter les principaux pièges de l écriture. Une aide efficace pour tous ceux qui désirent se lancer dans l extraordinaire aventure de la chose écrite. Ils y découvriront bon nombre de trucs inédits. Indispensable !

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